Couverture de L'Antre de la Succube
Les livres / Tome 3
Chroniques de Shirya • Tome 3

L'Antre de la Succube

Tout commence par une quête profondément intime.

Un roi veut offrir à son épouse une chance de retrouver sa fertilité. Aeris, elle aussi, espère obtenir le don de la succube qui demeure dans l'Antre. Shirya les accompagne.

Mais dans un lieu où le désir possède ses propres lois, les souhaits les plus innocents peuvent ouvrir des portes que nul ne pensait franchir.

Peu à peu, les liens s'enchevêtrent, les certitudes vacillent et les frontières de l'intime se déplacent, jusqu'à briser les tabous les plus sensibles.

Une quête de famille, de désir et d'amour, là où chaque don peut avoir son prix.

FamilleFertilitéDésirTransgression
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Extrait du roman

Quelques pages de l’Antre

⚠️ Attention, spoilers Entrer dans l’Antre

Cet extrait se déroule au cours de L’Antre de la Succube et peut révéler certains éléments de l’intrigue des tomes précédents.

Il poussa un long soupir, le regard fuyant, presque honteux de devoir chasser un plaisir qu’il n’avait pourtant pas envie d’oublier.

Espérance observait les alentours. Elle repéra un rocher émergeant de la muqueuse et entraîna doucement son mari avec elle.

— Assieds-toi, mon coeur. Laisse les autres gérer un peu. Reprends des forces. Tu veux une potion ?

Elle l’invita à s’asseoir, sans pour autant insister. À sa grande satisfaction, il ne protesta pas.

Il lui répondit d’un signe de tête :

— Non, ma chérie, ça ira. Gardons les potions pour les urgences. Je te le promets… ça va aller.

Il se laissa guider, et sentit sa main glisser dans celle de sa femme. Ce contact le ramena un instant sur le sol ferme de leur lien, apaisant un peu le tumulte intérieur. Mais même ainsi, au fond de lui, il percevait encore cette chaleur volée dans l’ombre, comme une braise persistante qui refusait de s’éteindre.

Plynia s’était déjà positionnée devant l’ouverture la plus à gauche, observant la salle suivante qui s’ouvrait en entonnoir.

De leur côté, Aeranel et Rim s’approchaient de celle de droite. Espérance, soulagée de voir son mari accepter de lâcher prise, le laissa respirer. Elle voulait lui laisser l’espace de se reconstruire. De retrouver sa force. Son corps. Son esprit.

Elrohir inspira profondément. Il regardait sa femme, émerveillé.

‡

Plynia crut entendre un grouillement. Comme le frottement rapide de nombreuses pattes grattant le sol, juste en face d’elle. Elle plissa les yeux, tentant de distinguer ce qui se cachait plus loin. La pièce devant elle était sombre. Très sombre. Une lueur bleutée pulsait faiblement le long des parois, mais trop timide pour révéler s’il y avait… quelque chose.

Et puis elle les vit.

Deux petits globes blancs. D’abord lointains. Ils flottaient dans l’ombre, étrangement fixes l’un par rapport à l’autre. Comme suspendus à un regard invisible. Ils ondulaient de gauche à droite, dans une danse presque rituelle…

Captivée par leur mouvement envoûtant, Plynia oublia d’appeler.

Elle fit un pas en avant… dague à la main.

Le mur derrière elle se referma sèchement. Un claquement de roche molle, épais, définitif.

Elle rangea aussitôt sa dague et se retourna, paniquée, frappant de ses poings la paroi qui venait de l’enfermer.

— Hé ! Ouvrez ! Je suis coincée !

Mais aucun son ne semblait traverser. Même sa propre voix se perdait, étouffée par les muqueuses visqueuses qui tapissaient la cloison.

Un bruit de frottement… de corps rampant…

Elle se figea. Fit volte-face, le coeur au bord des lèvres.

La dague réapparut dans sa main. Elle balaya la salle du regard.

Les deux billes lumineuses avaient disparu.

La salle, vaste, obscure, semblait se dilater autour d’elle, comme si l’espace lui-même se moquait de sa perception. Chercher dans ce noir-là… c’était comme espérer retrouver son propre silang d’argent dans la jarre d’un maître téléporteur.

Et pourtant… Quelque chose se mouvait. Elle en était sûre.

Une forme. Une silhouette obscure. Une armure noire ? Non. Une chitine presque invisible.

Elle leva les yeux… et ils étaient là, lumineux, proches.

Trop proches.